Les pédagogies actives au service de la réflexion et du langage

L’idée est simple, il s'agit d'offrir plus d’autonomie aux élèves dans le choix de leurs activités, tout en respectant le programme. L'enjeu est de développer la curiosité et l’intérêt des enfants, de les rendre acteurs de leur apprentissage et de les aider à développer des méthodes de travail personnel. Si on les laisse choisir ce qu’ils souhaitent apprendre, ils vont le faire avec plaisir et beaucoup plus facilement que si c’est contraint précise Nathalie Le Maréchal professeure des écoles à l’école Julie Daubié à Saint-Avé.

Manipulations, lecture, résolution de problème, les activités sont réalisées en autonomie, seul ou en groupe, avec au cœur de ses apprentissages la sensorialité : cela permet à la fois de structurer la pensée, de construire des repères spatiaux temporels par le mouvement ou le langage corporel ce qui est indispensable pour les apprentissages futurs. La prise de parole est aussi une richesse afin que l’élève s’exprime avec ses mots et les expériences qu’il a vécues relate Armande Le Pellec Muller, recteur de la région académique Bretagne.

Ces principes se déclinent dans de nombreuses classes avec des fonctionnements structurés et pensés. Dans le Morbihan, plus de 260 enseignants ont pu participer au cours de l’année 2017-2018 à des formations afin de mettre en œuvre dans leurs classes de nouvelles pratiques basées sur ces méthodes "actives".

Début du reportage à 3'20

Le numérique au service des apprentissages

Bon nombre de jeunes enfants sont grands usagers d’outils numériques et souvent très exposés aux écrans dans leur environnement quotidien ; des principes et précautions concernant leur usage à l’école sont donc à poser. Les outils numériques sont présents dans les classes de la maternelle, en conformité avec le programme. Pour leur utilisation, les enseignants de maternelle posent, comme pour tout enseignement, un cadre pédagogique précis :

  • les manipulations réelles et concrètes sont privilégiées : les jeux d’encastrement, de construction, de dessin existent sur tablette et les enseignants y ont parfois recours. Cependant, ils veillent à ce que chaque enfant explore prioritairement le matériel réel : en encastrant une pièce de puzzle, il exerce sa motricité fine, procède par tâtonnements, essais-erreurs ; en construisant une tour de cubes, il s’approprie les lois de l’équilibre ; en emboitant des formes, il effectue une première appropriation des grandeurs et mesures… le numérique vient enrichir la palette des supports possibles, il ne peut être convoqué que s’il apporte une plus-value à la situation réelle.
  • le numérique ne se substitue jamais à la relation : les enseignants encouragent toutes les situations qui vont susciter des interactions entre les enfants, leur permettre de découvrir, de s’interroger, de jouer, de résoudre un problème ensemble. 

 

Avec le numérique, à l’école maternelle, les enfants font des mathématiques…

De la petite à la grande section, les élèves construisent leurs compétences numériques au moyen de jeux, de manipulations, d’exercices. Des entraînements progressifs peuvent aussi être effectués sur tablette, avec une application : au premier niveau, l’enfant pose ses doigts sur l’écran et le nombre d’animaux correspondant apparait de manière visuelle et sonore. Par la suite, il doit poser sur l’écran le nombre de doigts demandé (sous forme chiffrée ou avec représentations). Pour aller plus loin, de petits exercices impliquant l’addition sont à réaliser.

… du codage avec un minirobot

Avant de coder le parcours du minirobot, les élèves vivent d’abord eux-mêmes le déplacement : ils se positionnent sur un quadrillage en suivant des consignes ; ils pourront ainsi plus facilement transférer ce qu’ils ont vécu corporellement pour programmer l’objet numérique. Du temps est ensuite laissé aux enfants pour manipuler librement le minirobot, en découvrir et s’en approprier le fonctionnement. Au cours de cette séquence, les apprentissages sont progressifs et se déclinent de la petite à la grande section. Au-delà du codage, l’enseignant s’attache à d’autres acquisitions fondamentales :

  • des compétences langagières, puisque l’enfant est amené à décrire, expliquer, questionner, proposer des solutions ;
  • des compétences numériques et des compétences liées à l’espace puisqu’il doit utiliser le nombre pour exprimer la position, organiser un parcours avec logique…  

 

... du langage

Les photos, prises par l’enfant lui-même (dans le cadre d’une véritable éducation du regard) ou par l’enseignant constituent un support concret pour décrire, raconter, expliquer, imaginer dans des ateliers langage, en petit groupe avec l’enseignant et constituer l’histoire commune de la classe.

Dans certaines classes, les parents peuvent, à l’accueil, visionner le diaporama des photos de la semaine enrichi de commentaires sonores et découvrir leur enfant dans ses activités quotidiennes. Un moyen simple de donner à voir et à comprendre le travail de la semaine, de permettre aux parents d’engager la discussion avec leur enfant… et avec l’enseignant sur la vie à l’école.